Le Canada a besoin de plus qu’une simple « stabilité »
Les principales conclusions du rapport Données trimestrielles sur les entreprises (T1 2026)
L’économie canadienne se maintient, mais les signaux sous-jacents indiquent un environnement d’affaires qui n’est pas encore prêt pour une croissance plus vigoureuse.
Le commerce reste la principale pression qui façonne le comportement des entreprises. Un an après une vague de tarifs douaniers et de perturbations commerciales, la plupart des entreprises continuent de s’adapter avec prudence. Compte tenu de la faiblesse de la demande, de l’incertitude persistante et du dynamisme limité des petites entreprises, le risque n’est pas un ralentissement brutal, mais une érosion progressive de la capacité de croissance du Canada.
Perspectives des entreprises
Les perspectives économiques sont défavorables depuis sept trimestres consécutifs, ce qui met en évidence une situation fragile malgré des prévisions de croissance modérées de 2,2 % pour 2026.

Remarque : Ces données ont été recueillies entre janvier et février 2026 et ne tiennent pas compte des récents développements géopolitiques ni de leurs répercussions potentielles sur les prix de l’énergie.

Source : Analyse du LDE à partir de l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises de Statistique Canada.
Obstacles aux affaires
Si les pressions sur les coûts et l’inflation commencent à s’atténuer, elles restent le principal obstacle pour la moitié des entreprises. C’est la faiblesse de la demande, et non les difficultés liées à la main-d’œuvre, qui est désormais considérée comme le deuxième obstacle majeur à la croissance, cité par plus d’un tiers des entreprises.

Commerce
Les exportateurs de marchandises restent pessimistes dans un contexte de turbulences commerciales, ce qui porte à sept trimestres consécutifs cette tendance.

Diversification des échanges
Le niveau d’utilisation de l’ACEUM reste à son plus haut niveau en 20 ans. La part des exportations de marchandises vers les États-Unis bénéficiant des préférences tarifaires de l’ALENA/ACEUM est passée de 67 % en 2025 à 83 % en février 2026.

Remarque : *Données relatives à l’utilisation de l’ALENA jusqu’en juin 2020; données relatives à l’utilisation de l’AEUMC à partir de juillet 2020. Les données pour 2026 sont disponibles jusqu’en février, dernier mois pour lequel des chiffres ont été communiqués.
La diversification commerciale du Canada repose sur l’intensification des activités des exportateurs existants, et non sur l’augmentation du nombre d’entreprises exportatrices.

Remarque : Le nombre d’exportateurs correspond au nombre d’établissements déclarant des exportations; les variations peuvent refléter à la fois les conditions du marché et les seuils de déclaration.
Au cours de ce trimestre, davantage d’entreprises ont choisi de diversifier leurs fournisseurs en dehors des États-Unis plutôt que leurs débouchés.

Marché du travail
Le marché du travail canadien est en perte de vitesse : il y a plus de demandeurs d’emploi que d’offres d’emploi, ce qui donne plus de poids aux employeurs.
Obstacles liés à la main-d’œuvre
Les secteurs de l’hébergement et de la restauration, de la construction et du commerce de détail comptent la plus forte proportion d’entreprises qui s’attendent à rencontrer des difficultés de main-d’œuvre au cours des trois prochains mois. Dans ces trois secteurs, plus d’un tiers des entreprises s’attendent à avoir des difficultés à recruter du personnel qualifié.

Près de la moitié des entreprises du secteur de l’hébergement et de la restauration ainsi que du secteur de la construction déclarent avoir des difficultés à trouver des candidats, la principale raison étant le faible intérêt des candidats.
Près de la moitié des entreprises (46 %) sont confrontées à des déficits de compétences et y remédient par la formation plutôt que par le recrutement.
- 40 % des entreprises prévoient d’organiser des formations en interne
- 20 % prévoient de recourir au mentorat ou à l’accompagnement
- 13 % prévoient de faire appel à des formations externes
Augmentation des salaires
Même si la hausse des salaires est supérieure aux niveaux prépandémiques, elle ne se traduit pas par une amélioration du pouvoir d’achat pour de nombreux travailleurs à faibles revenus.
Dans le secteur de l’hébergement et de la restauration, 119 % du salaire hebdomadaire moyen sont nécessaires pour couvrir les dépenses de première nécessité, tandis que dans le secteur des arts, des spectacles et des loisirs, ce chiffre s’élève à 95 %.
