Données trimestrielles sur les entreprises

Obtenez une analyse trimestrielle détaillée de la situation des entreprises au Canada, basée sur les réponses à une enquête menée auprès de plus de 15 000 employeurs canadiens.

T2 2026

Le ralentissement des investissements au Canada ne s’explique plus uniquement par la hausse des taux d’intérêt ou le resserrement des conditions de financement.

Nos économistes et scientifiques des données transforment les réponses au sondage trimestriel de Statistique Canada, réalisé auprès de plus de 15 000 employeurs canadiens, en des analyses pertinentes sur les perspectives d’affaires, les défis et les opportunités. 

Un mot de la part du Laboratoire de données sur les entreprises

L’économie canadienne a fait preuve de résilience au cours de la dernière année. L’inflation est en grande partie revenue au niveau cible, les taux d’intérêt ont baissé et la croissance économique, bien que modeste, s’est stabilisée. Pourtant, une question continue de peser sur les perspectives économiques du Canada : pourquoi les entreprises n’investissent-elles pas?

Cette édition des Données trimestrielles sur les entreprises suggère que la réponse réside moins dans les conditions de financement que dans la confiance. Les entreprises évoluent dans un contexte marqué par une incertitude persistante, une demande faible et des attentes limitées en matière de reprise de la croissance. Plutôt que d’augmenter leur capacité de production, de nombreuses entreprises reportent leurs investissements, se contentant de remplacer leurs actifs existants au lieu d’investir pour accroître leur productivité, et attendent d’avoir plus de certitudes avant d’engager des capitaux.

Les données révèlent également un paysage commercial de plus en plus inégal. Les grandes entreprises continuent de croître et d’embaucher, tandis que de nombreuses petites entreprises restent prudentes. La confiance des entreprises reste inférieure au seuil neutre depuis huit trimestres consécutifs, le dynamisme des entreprises continue de s’affaiblir et le Canada enregistre désormais sept trimestres consécutifs de pertes nettes d’entreprises. Ensemble, ces tendances indiquent une économie stable, mais qui ne génère pas encore la confiance nécessaire pour soutenir des investissements plus importants de la part du secteur privé.

L’incertitude commerciale continue d’influencer le comportement des entreprises, peut-être pas de la manière dont beaucoup le supposent. Au lieu de délocaliser leur production aux États-Unis, la plupart des entreprises reportent leurs décisions d’investissement. Les entreprises manufacturières sont celles qui se sont le mieux adaptées, tandis que peu d’entreprises déclarent avoir des projets d’implantation aux États-Unis. La conséquence immédiate de l’incertitude liée aux tarifs douaniers et à l’ACEUM semble être un report des investissements, plutôt qu’une fuite généralisée des capitaux.

Le plus préoccupant est peut-être que le défi auquel le Canada est confronté en matière d’investissement s’étend bien au-delà du cycle économique actuel. Les entreprises continuent en effet de privilégier les dépenses de remplacement plutôt que les investissements visant à accroître la productivité. L’investissement par travailleur reste bien inférieur à celui des États-Unis et de nombreux pays de l’OCDE, tandis que la faiblesse de la création d’entreprises et la baisse de la pression concurrentielle continuent de peser sur la croissance de la productivité à long terme.

Les données de ce trimestre nous ont sans cesse fait savoir que l’économie canadienne se porte bien, mais que ce n’est pas le cas des investissements des entreprises. Sans une confiance renforcée, de meilleures perspectives de marché et de nouvelles mesures incitatives à l’investissement, la résilience actuelle risque de laisser place à une période prolongée de ralentissement de la productivité, d’affaiblissement de la compétitivité et de baisse de la prospérité à long terme.

Depuis la fin de la période d’enquête couverte par le présent rapport, l’administration américaine a également imposé des tarifs douaniers de 50 % sur un large éventail d’exportations canadiennes, ajoutant ainsi une couche supplémentaire d’incertitude à un climat d’investissement déjà marqué par la prudence. Bien que ces développements ne soient pas pris en compte dans les résultats de l’enquête présentés ici, ils renforcent la conclusion principale du rapport : les entreprises sont plus enclines à reporter leurs investissements lorsque les perspectives économiques deviennent de plus en plus incertaines.

Le Laboratoire de données sur les entreprises (LDE) de la Chambre de commerce du Canada continuera de suivre ces développements, notamment grâce à son nouvel indice de la dynamique d’investissement des entreprises (IDIE), un indicateur prospectif des intentions d’investissement des entreprises, et fournira des analyses opportunes et fondées sur des données probantes afin d’aider les entreprises et les décideurs à mieux comprendre les forces qui façonnent l’économie canadienne.

Patrick Gill

Vice-président

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